Jean-Michel Othoniel ou l’Art de sublimer le réel

Les Tendances de l’Art #2 –

Par Sophie de Veyrac, Fin’Art Consulting  

Nomade et grand rêveur, Jean-Michel Othoniel débute très tôt un processus créatif qui s’enracine directement dans son histoire personnelle où rêve et réalité s’emmêlent et s’entremêlent déjà.

Découvert par le grand public en 2000 avec son « kiosque des noctambules », refuge de tous les  amoureux et oiseaux de nuit de la capitale, il est à ce jour considéré comme l’un des artistes français les plus importants du XXIème siècle.

Consacré en 2011 par le Centre Pompidou, et depuis par de nombreuses institutions dans le monde, l’artiste se démarque de la scène artistique tant française qu’internationale par une approche singulière et très personnelle des matériaux qu’il utilise. Jonglant tantôt avec l’infiniment petit, tantôt avec l’infiniment grand, l’artiste ne semble jamais se complaire dans la demi-mesure …

Figure de proue d’une création contemporaine guidée par l’optimisme et la liberté, l’artiste se fait le chantre du rêve et du merveilleux à travers un travail et une connaissance de la matière sans égal.

Le soufre, l’obsidienne et le verre, produits de la lave en fusion et matériaux mythiques des îles éoliennes, deviennent alors les fondements de son œuvre tant pour leur valeur esthétique que symbolique.

Le verre, qui occupe une place primordiale dans ses dernières œuvres, est un moyen pour l’artiste de ré-enchanter le monde, montrant l’invisible par le visible et faisant de l’art un univers parallèle et féérique. En effet, pour peu qu’on le prononce à l’envers, le verre, c’est bien le rêve

Les sculptures de verre gardent le souvenir d’une métamorphose profonde de la matière, seulement figée dans sa forme finale par la main de l’artiste qui intervient durant son processus de transformation. Ainsi, quelle que soit l’allure qui lui est donné, le verre conserve dans son apparence solide la mémoire d’un état liquide, instable mais révolu. C’est de cette ambivalence et de ces jeux de métamorphoses que l’artiste ne cesse de se jouer.

Ses travaux, nourris de voyages et de rencontres, s’ancrent dans un univers mêlant onirisme et merveilleux, grâce à une virtuosité et une sensibilité seulement propre aux poètes ou aux artistes.

Le visage du spectateur se reflète et se démultiplie à l’infini dans les sculptures de l’artiste, véritables miroirs des âmes. Car c’est bien le subconscient du visiteur que cherche à toucher l’artiste par ses représentations féériques qui prennent alors la fonction de « Pièges à Rêves ». Pour Jean-Michel Othoniel, le rôle d’un artiste est en effet de révéler au grand jour l’existence réelle de ce monde merveilleux qui abrite nos rêves ou que nos rêves abritent…

L’art est le passage secret qui permet de s’échapper de l’espace-temps, physique ou psychique auquel l’homme est soumis. C’est l’univers parallèle entre le réel et l’imaginaire qui permet aux rêves de s’exprimer au grand jour.

Le titre de l’une de ses expositions, « les Nœuds de Janus », illustre parfaitement la démarche de l’artiste de créer des liens entre ces deux mondes. Jean-Michel Othoniel, dont les sources d’inspirations sont nombreuses, identifie ainsi son travail à la divinité romaine Janus, qui préside aux commencements et aux passages. Surnommée le « dieu des portes », cette divinité aux deux visages, l’un tourné vers la terre ou le passé, l’autre vers ciel ou le futur est une parfaite représentation de la fonction de l’art comme passage et lien entre les deux mondes.

A l’image de la théorie psychanalytique du nœud borroméen de Lacan dont l’artiste s’inspire librement, son œuvre est  structurée par un savant dosage entre le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire, harmonie parfaite qui, d’après Jacques Lacan   (1901 – 1981), structure chacun de nous.

Le Monde de Jean-Michel Othoniel est ainsi une porte ouverte aux rêveries et à l’évasion. Au-delà de la simple figuration, c’est une figuration de l’imaginaire et du merveilleux qui prend vie sous l’œil du spectateur.

N’est-ce finalement pas ce vers quoi l’art devrait-il tendre plus souvent ?

L’évasion de l’âme et de l’esprit par une immersion totale au cœur du rêve et du merveilleux…

    

 

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