L’Art : Un bien d’Exception pour diversifier son patrimoine

Les Tendances de l’Art #3 –

Par Delphine Brochand, fondatrice de Fin’Art Consulting.

La notion d’œuvre d’art.

L’œuvre d’art n’a pas en-soi de vocation utilitaire. Elle est à elle-même sa propre fin. A l’inverse d’un objet artisanal, industriel ou technique dont la fonction est de satisfaire un besoin. Sous un angle philosophique, Kant remarque que l’œuvre d’art est le résultat d’une activité non contrainte, non forcée. Ne convenant donc qu’à des hommes libres. Il considère l’art d’un point de vu subjectif. Platon, à l’inverse livre une conception objective de l’art s’appuyant sur des critères établis tels que l’harmonie, la rigueur etc.

D’un point de vue du marché de l’art, l’œuvre d’art est un bien possédant une cote et faisant l’objet d’une offre et d’une demande.  Les œuvres dites « de qualité » doivent répondre à des critères précis permettant de cibler les différentes périodes de l’artiste et notamment sa période la plus « féconde ». Habituellement, les œuvres provenant de cette période sont les plus cotées sur le marché. A ce titre, on peut  parler de chefs d’œuvre de l’artiste

Enfin, l’article 98A du CGI distingue les œuvres d’art des objets de collection et des biens meubles. Les œuvres d’art comprennent, entre autres, les tableaux, sculptures, collages, dessins, peintures, gravures (à l’exception de tout procédé mécanique), photographies (prises par l’artiste et tirées par ce dernier ou sous son contrôle) etc. Les objets de collection sont référencés en tant qu’ensemble spécifiques (timbres fiscaux, botanique etc.) présentant un intérêt historique à l’exception des biens neufs. Les objets d’antiquité autres que les œuvres d’art et les objets de collection sont des biens meubles à condition d’avoir plus de cent ans d’âge.

Investir dans l’art …

Plus que jamais le marché de l’art s’affirme comme un marché dynamique, évolutif et en perpétuel mouvement qui laisse ainsi place à d’innombrables possibilités d’investissements… Avec un produit mondial des enchères s’élevant à 11,5 milliards de dollars en 2011 (+ 21 % par rapport à 2010), ce marché tiens toutes ses promesses.

Au delà de ces considérations économiques, l’art peut s’avérer être un judicieux outil de diversification. C’est un produit unique avec une dimension tangible lui permettant de demeurer une référence absolue pour l’investisseur. Ce dernier peut en tirer une satisfaction immédiate. Enfin, le propriétaire d’œuvres d’art peut profiter d’une fiscalité avantageuse (exemples : l’œuvre d’art est non déclarable et imposable à l’ISF, possibilité de réduire partiellement ou totalement la taxe sur la plus-value, éventualité de s’acquitter d’un impôt par la remise d’une œuvre, souplesse de la transmission). Par ailleurs, certains investisseurs voient aussi en l’art un précieux outil de reconnaissance sociale… sans oublier que la possession d’œuvre d’art est une affaire de goût et de plaisir.

Si l’art est un produit plus abordable qu’il n’y paraît (la moyenne des transactions aux enchères dans le monde serait autour de 10 000 $), son marché peut apparaître opaque et l’information parfois difficile d’accès. En effet, ce marché est composé de données officielles (résultats de ventes aux enchères, expositions etc.) et officieuses (discrédit sur un artiste/une œuvre, œuvre ayant trop circulé sur le marché etc.).

A ce titre, toute personne extérieure à ce marché pourrait rencontrer des difficultés à disposer de la « bonne » information lui permettant d’optimiser son acquisition ou d’en éviter les pièges. Un exemple : le célèbre artiste photographe américain Richard Prince est durement touché ces derniers temps à deux titres : la crise qui a durement touché son marché (ses recettes ont été divisées par deux en 2010 par rapport à l’année précédente), et l’artiste doit de plus, depuis 2008, faire face à un procès d’abus de propriété intellectuelle qui nuit à sa réputation et influe nécessairement sur ses performances sur le marché [1]. Il est donc clairement recommandé de ne plus investir sur ladite série de cet artiste pour le moment, au cas où un jugement exigerait la destruction des œuvres concernées.

C’est alors que l’accompagnement par un conseiller en Gestion de Patrimoine Artistique (G.P.A.) devient indispensable pour sécuriser toute démarche liée à l’art. A ce jour, aucun métier lié à l’art ne centralise l’ensemble des demandes. Composé de trois niveaux de services, la Gestion de Patrimoine Artistique pallie ce manque. En effet, l’offre est articulée autour de la gestion matérielle des œuvres d’art (assurance, conservation, restauration, transport etc.), de la sécurisation des transactions (achat/vente) et du conseil fiscal et juridique. L’objectif premier étant d’optimiser, sur le long terme, la valeur du patrimoine artistique.

Différents profils d’investisseurs …

Les investisseurs en art pourraient être regroupés sous trois profils : le profil prudent, le profil équilibré et le profil dynamique.

1 / Dans le premier cas, le futur propriétaire de l’œuvre rechercherait une stabilité de la cote de l’artiste qui primerait sur la performance. La peinture ancienne pourrait correspondre à sa demande. En effet, les maîtres anciens ont une croissance moins exponentielle mais plus saine car moins spéculative que le reste du marché. Les différentes crises ont moins atteint ce marché : si l’art contemporain/d’après-guerre a chuté de 32 % en 2008, les maîtres anciens n’ont accusé qu’une perte de 8 %.

2 / Le profil équilibré reviendrait à saisir des opportunités sur un marché performant. Le marché de l’art moderne et impressionniste donnerait probablement satisfaction à son investisseur. En effet, l’art moderne est à ce jour considéré comme le segment le plus prospère du marché de l’art dont il représente 60 % en valeur. Ses performances sont supérieures aux autres segments du marché.

3/ Le profil dynamique reviendrait à parier sur un secteur de marché particulièrement spéculatif. Il comprendrait l’art contemporain sous toutes ses formes. A noter que l’art contemporain ne transcende par les crises économiques. Les crises de 1991 et de 2008/2009 l’ont suffisamment démontré. Dans ce cas, la perte de liquidité des uns et la peur de revente des autres, effrayés par le spectre d’une moins-value voire d’un défaut de vente, a généralement tendance à reléguer les valeurs plaisir et financières de l’art à des préoccupations moins passionnées.

4 conseils pour sécuriser ses investissements :

• Ne pas consacrer plus de 5 % de son patrimoine global à l’Art

• Conserver son œuvre sur le long terme (minimum 10 ans)

• Préférer une œuvre majeure d’un artiste moins connu, plutôt qu’une œuvre moyenne d’un grand maître

• Acheter ce que l’on aime

 

Sources : AMR/ArtPrice/Fin’Art Consulting

Photo de couverture : Jacques Villeglé, Opération QuimpéroiseThéâtre Max Jacob, 2006


[1] Le 18 mars 2011, l’artiste perdait son premier procès contre Patrick Cariou, photographe dont il s’était approprié 41 photographies de la série Yes Rasta (PowerHouse Books, 2000, $60) pour créer sa propre série ‘Canal Zone’. R. Prince a depuis fait appel et attend le deuxième jugement. P. Cariou demande la destruction totale des œuvres de la série de R. Prince.

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