Art & Valeur : les différentes valeurs d’une œuvre d’art

L’une des spécificités du marché de l’art est la diversité de ses acteurs. Suivant le type d’acteur mais aussi les conditions de son estimation, une œuvre n’aura pas nécessairement la même valeur. L’œuvre d’art n’a donc pas une seule et unique valeur mais bien plusieurs. Explications. 

Maison de ventes vs marchand

Principalement deux types d’acteurs se disputent le marché des œuvres d’art dans le monde : les maisons de vente aux enchères et les marchands. Les objets proposés jouissent d’un prestige et d’un pédigrée étroitement lié à l’acteur qui les met sur le marché.

Aux enchères, les prix atteints par les œuvres d’art auront tendance à s’aligner sur le standing et la reconnaissance de la maison les proposant. Ceci peut s’expliquer par le réseau de cette dernière qui permet de mettre en concurrence une demande plus large.

Un même objet aura tendance à être proposé plus cher chez un marchand que dans une maison de ventes. Ceci s’explique de plusieurs façons. Tout d’abord, le marchand ou antiquaire devra souvent ajouter à son prix d’achat : des frais de stockage pour des périodes pouvant être longues, d’assurance, de restauration, de ré-encadrement et naturellement sa marge. De plus, le professionnel consciencieux aura à cœur de mener des recherches, souvent longues et ardues, au sujet de l’œuvre ou de l’objet. Les maisons de ventes, soumises à un calendrier plus serré, n’ont pas toujours l’occasion de pouvoir mener ces enquêtes avec la profondeur qu’il conviendrait parfois. Or, le marché de l’art étant un marché de l’information, cette dernière apporte une véritable valeur ajoutée à l’œuvre dont l’histoire, la provenance ou l’attribution a pu être confirmée.

1 œuvre, 2 valeurs

D’autres paramètres peuvent également faire varier le prix d’une œuvre d’art. En effet, pour chaque œuvre d’art, il existe une valeur dite de réalisation (ou valeur vénale), et une autre dite de remplacement.

La première, la valeur vénale, est une estimation de la valeur de l’œuvre sur le marché au moment de l’expertise. Elle permet de savoir, en cas de vente, quel prix atteindra plausiblement la pièce. Ces estimations servent aussi de base lors d’un partage (notamment successoral). En outre, la valeur sur le marché international servira de référence pour le calcul de la valeur libératoire[1] dans le cadre d’une dation (dont nous vous parlions ici). Cette valorisation sera alors effectuée par des conservateurs du patrimoine désignés par la Commission d’agrément pour la conservation du patrimoine artistique national[2].

La seconde valeur est celle de remplacement. Elle correspond « au prix d’achat ou de reconstruction d’une chose nouvelle destinée à remplacer la chose détruite ou détériorée »[3]. Elle est égale au montant qu’il faudra débourser pour racheter un objet comparable dans la conjoncture du moment, qui n’est donc pas nécessairement avantageuse. La valeur de remplacement est utilisée lors de la souscription d’une police d’assurance en valeur agrée.

Différencier ces deux valeurs est essentiel car il est permis de considérer que la valeur de vénale équivaut environ à la moitié[4] de la valeur de remplacement. En effet, cette dernière comprend, en plus, la marge du vendeur ainsi que les frais inhérents à la transaction.

L’expertise d’un professionnel indépendant

Par son indépendance, Fin’Art Consulting accompagne et informe ses clients afin qu’ils soient pleinement conscients des particularités et opportunités du marché.

Lors de la réalisation d’inventaires, la société veille à ce que les deux valeurs soient inscrites distinctement afin qu’aucune confusion ne soit possible.

Fin’Art Consulting coordonne chacune des demandes liées à la gestion du patrimoine artistique de ses clients (souscription à une assurance, réalisation d’un inventaire, achat/vente, gestion matérielle..) afin que ces dernières soient réalisées dans les meilleures conditions et en toute transparence.

Benoît Colson &  l’équipe Fin’Art Consulting

Visuel Art Valeur

Visuels Art & Argent : Pavlos Dionyssopoulos, Hommage à Andy Warhol, 2012 (Galerie Laurent Strouk) / Quentin Metsys, Le prêteur et sa femme, 1514, Musée du Louvre / Damien Hirst, For the love of god, 8601 diamants, 2007

Visuel couverture : Andy Warhol, 200 One Dollar Bills, 1962 (AP Photo / Sang Tan)


[1] Valeur permettant de se libérer de l’impôt que l’on souhaite payer.

[3] Gérard CORNU, Vocabulaire juridique, 2007.

[4] Henry BOUNAMEAUX, « Comment évaluer ses œuvres d’art ?», in : Maisons d’Hier et d’Aujourd’hui, n°138, Juin 2003.

Comments
One Response to “Art & Valeur : les différentes valeurs d’une œuvre d’art”
  1. de Rocheville dit :

    Quand un profane contemple une oeuvre de « maître », il est envahi du sentiment d’une « réelle valeur ». La « valeur » accède ainsi à la « légitimité » par la vision sophistiqué du jocrisse.

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