Les Ports-Francs : nouveaux acteurs clés du marché de l’art

Plusieurs ports-francs existent aujourd’hui dans le monde dont une douzaine en Suisse. En dehors de Genève on trouve, en effet, des ports-francs à Chiasso, Zurich ou encore Bâle. D’autres zones franches existent également en Europe : en Allemagne, en Espagne ou même en France à Verdon près de Bordeaux. Devenus des acteurs clés de l’internationalisation du marché de l’art, ils sont depuis une vingtaine d’années incontournables et participent à son essor.

Aujourd’hui, en effet, comment ferait ce marché pour se passer de ces zones franches alors que les œuvres et objets d’art sont en perpétuel mouvement ?

Il est certain qu’avec un nombre grandissant de collectionneurs, de musées mais aussi de foires (auparavant il y en avait 3 par an, maintenant c’est plus de 200[1]), le marché de l’art a cruellement besoin de ces lieux de groupage et de dégroupage.

Certains l’ont bien perçu. Yves Bouvier, PDG de la société de transport Natural Le Coultre et premier locataire des ports-francs de Genève a ainsi étendu ce modèle à Singapour en 2010 où cette fois-ci il n’est plus simple locataire mais développeur et copropriétaire. Et ce n’est que le début de l’extension de ce modèle. Au Luxembourg un autre port-franc ouvrira ses portes d’ici la fin de l’année. Quant à Pékin l’ouverture est prévue pour 2015. Et enfin le projet pour Shanghai est à l’étude, sans compter qu’Yves Bouvier tente également de sonder le terrain dans les pays du Golfe persique.

Mais pourquoi ces ports-francs sont-ils si appréciés des collectionneurs, musées et autres acteurs du marché de l’art ?

Tout d’abord, les œuvres d’art déposées en ces lieux sont exemptées de droits de douane et de TVA jusqu’à leur réexportation ou leur revente. Ce n’est, en effet, qu’à ce moment là qu’elles seront taxées selon le taux en vigueur dans le pays de destination. Les œuvres peuvent ainsi faire l’objet de transactions en toute discrétion et en toute confidentialité à plusieurs reprises sans être taxées, dès lors qu’elles ne sortent pas du port-franc.

Par ailleurs, ces zones franches permettent de limiter les déplacements d’œuvres d’art et ainsi d’encourager davantage les personnes à se déplacer vers les œuvres et non l’inverse. Les ports-francs bénéficient en effet de showrooms permettant aux restaurateurs, photographes, experts et autres corps de métier de venir travailler sur l’œuvre directement. Enfin ces ports-francs sont des lieux de stockage idéaux pour les œuvres d’art. La sécurité y est renforcée et chaque pièce déposée est scannée et inventoriée.

Les œuvres bénéficient également de conditions de conservation sophistiquées avec un contrôle permanent de la température et de l’hygrométrie.

Il est aussi à noter que les coûts de stockage dans ces ports-francs sont très attractifs : entre 300 et 700 € le mètre carré par an environ.


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[1] http://www.letemps.ch : Ports francs : un modèle genevois à la conquête du monde

Visuels : 2 vues du Port-Franc de Singapour (©Euroasia, Singapore Free Port ©ART CULTURE STUDIO)

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