Le marché de la BD sort de sa bulle

La maison Artcurial a pulvérisé samedi dernier le record mondial d’adjudication pour une œuvre de bande dessinée ; record qu’elle détenait depuis 2012 avec une couverture de Tintin en Amérique de 1932, vendue 1,3 millions d’euros. C’est une autre œuvre d’Hergé que se sont arrachés les collectionneurs ce week-end, une planche originale pour les pages de garde des albums de Tintin publiés de 1937 à 1958. Elle représente 34 scénettes juxtaposées de Tintin et Milou dans des situations marquantes des albums de cette période. Les passionnés auront d’ailleurs remarqué que pour l’une d’entre elles, Tintin et son chien portent des vêtements de fourrure, ne renvoyant à aucun album connu, ce qui laisse penser qu’Hergé avait en tête un projet d’histoire se déroulant dans le Nord. L’anecdote explique l’intérêt porté à la pièce mais elle ne justifie pas à elle seule le montant astronomique qu’a obtenu la planche : 2,5 millions d’euros, atteint après plus d’un quart d’heure d’enchères, quand il faut habituellement moins d’une minute par lot.

Image vente et bâtiment

La bonne santé du marché de la BD et son incroyable croissance ces dernières années laissaient en effet présager un très beau prix pour ce lot. Le neuvième art, longtemps considéré comme un art mineur destiné à la jeunesse, commence à jouer dans la cours des grands. Alors qu’il y a encore quelques années, les planches des grands noms comme Hergé ou Uderzo se vendaient rarement plus de 10 000 euros, elles s’échangent aujourd’hui souvent au-dessus de 100 000 euros. Autre fait révélateur du développement de ce marché, la multiplication des galeries parisiennes spécialisées dans la BD. Les musées, qui eux rechignent encore à acheter, sont néanmoins nombreux à organiser des expositions temporaires exclusivement consacrées à la bande dessinée, comme la récente exposition dédiée à Astérix organisée par la BNF et qui fut un vrai succès auprès du public.

Le domaine était encore l’apanage des acheteurs français il y a deux ou trois ans, mais l’apparition dans les ventes de collectionneurs étrangers a ouvert le marché vers plus de records : sur les cinq plus grosses adjudications de la vente d’Artcurial de ce week-end, trois collectionneurs étaient américains, un asiatique et un européen. Enfin, les acheteurs étant plus de réels passionnés que des spéculateurs, les enchères sont très disputées et les prix s’envolent vite.

Les ventes de BD ont donc de beaux jours devant elles.

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Sources

http://www.artcurial.fr

Les Echos, « Quand la BD investit le marché de l’art », 27/01/2012

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Visuel couverture : Artcurial

Visuels articles : via le compte twitter d’Artcurial  @Artcurial / via bfmtv.com ©Hergé Moulinsart 2014

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