Le marché du mobilier du XVIIIe siècle : vers une reprise ?

A l’occasion de la réouverture, vendredi 6 juin dernier, des salles consacrées au XVIIIe siècle au sein du département Objets d’Art du Louvre, Fin’Art Consulting fait le point sur le marché des arts décoratifs de cette période.

Si le marché de l’art, d’une manière générale, confirme sa bonne santé comme en témoignent les chiffres de 2013, le marché du mobilier du XVIIIe siècle reste ralentit. Les fauteuils Régence, commodes Rocaille et autre bureaux Louis XVI sont boudés des collectionneurs et désertent les salles de vente. En dehors de quelques pièces exceptionnelles par leur provenance royale ou leur estampille (qui, malgré cela, peinent même à dépasser les estimations), le mobilier plus commun ne décolle pas.

Ce désamour s’expliquerait surtout par un effet de mode. Comme toujours en matière d’arts décoratifs, les goûts changent. La mode concernant le mobilier est aujourd’hui aux pièces épurées, aux formes simples et aux matériaux contemporains. Les collectionneurs s’arrachent ces oeuvres des grands designers actuels et délaissent les meubles d’il y a trois siècles. Le XVIIIe serait trop souvent jugé has been avec ses courbes rocaille ou ses dorures néoclassiques. Les décorateurs en vogue ne recommandent plus ces pièces pour leurs riches commanditaires et, en faiseurs de goût qu’ils sont, plombent ainsi ce marché. Mais cette période est toujours en vogue dans les pays de l’Est, notamment en Russie, où l’on affectionne les décors chargés et où le XVIIIe est synonyme de chic à la française. Malgré cela les acheteurs russes sont trop peu actifs sur le marché pour le faire, pour faire vivre à eux seuls cette spécialité.

Néanmoins, le tableau ne serait pas si noir et l’on pourrait s’attendre à un renversement de tendance dans les années à venir.

En effet, les grandes expositions dans les institutions majeures ont toujours influé sur le marché de l’art, et ces derniers mois le XVIIIe siècle est partout. L’exposition consacrée au Vernis Martin aux Musée des Arts décoratifs à Paris ce printemps a été saluée par la critique et promet un nouvel engouement pour le marché des pièces en vernis Martin et en laque asiatique. La réouverture des salles du Louvre consacrées au XVIIIe siècle qui a eu lieu la semaine dernière, était particulièrement attendue et est largement relayée par la presse. Fermées depuis 9 ans, ces salles présentent un parcours repensé alternant period rooms reconstituées et vitrines de chef d’œuvres. L’ensemble est pensé par le décorateur Jacques Garcia pour mettre en valeur et re-contextualiser les objets, dans une volonté de dépoussiérer ce siècle souvent malmené, en montrant ses évolutions stylistiques et ses plus belles pièces. Dans cette même idée, le Château de Versailles met lui aussi le XVIIIe siècle à l’honneur avec en ce moment l’exposition « La Chine à Versailles, art et diplomatie au XVIIIe siècle », avant celle d’octobre, très attendue, « Le XVIIIe aux sources du design, chefs d’œuvres du mobilier 1650 – 1790 ». Cette dernière promet de présenter les meubles anciens comme source du design actuel. En tant qu’institution au rayonnement international, Versailles espère ainsi participer à cet effort commun mené par les Français pour redorer le blason de ce siècle et remettre à la mode le mobilier de cette époque.

 

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Sources :

-Sites internet du Louvre, du Musée des Arts décoratifs de Paris et du Château de Versailles.
QDA – n°619 – vendredi 06/06/2104

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Visuel :
Crédit : © 2014 Musée du Louvre, dist. RMN-GP / Olivier Ouadah

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