La maison rouge, dix ans de succès

La Maison Rouge fête ce mois-ci son 10e anniversaire autour de l’exposition Le Mur, qui présente la collection personnelle de son fondateur et président, Antoine de Galbert.

Le Mur fait suite à une série de dix expositions organisées à partir de collections particulières. Mais pour celle-ci c’est un algorithme qui a fait office de commissaire d’exposition : un logiciel a réparti les œuvres, sans distinction de taille, d’histoire ou de notoriété des artistes. Le résultat obtenu est une accumulation de plus de 1200 œuvres sur un ruban de mur de 3 mètres de haut et près de 280 mètres de long. Une grande partie de la collection d’Antoine de Galbert est présente, à l’exception des installations, sculptures, vidéos ou de l’art primitif. Une autre particularité de l’exposition est l’absence de cartel sur les murs. Cependant une approche didactique a été préservée par la présence d’écrans tactiles et d’une application mobile renseignant le visiteur sur les pièces. Le but est ainsi de décontextualiser les œuvres, pour amener le public à porter un nouveau regard. Le visiteur doit trouver seul son chemin, inventer son propre parcours en fonction de ses goûts. Antoine de Galbert espère aussi par cette accumulation, créer des rapprochements inattendus. Il souligne ainsi que « l’idée de cette exposition est née de l’observation quotidienne de ma bibliothèque, où le classement alphabétique des monographies crée d’invraisemblables voisinages. Jean Dubuffet cohabite avec Marcel Duchamp sur le même rayonnage ». Dans cette même idée de créer des confrontations surprenantes, le visiteur aura par exemple la surprise d’admirer une pièce de L.Fontana (1) au côté de celle d’un jeune artiste inconnu.

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Ce positionnement singulier et novateur sert de ligne de conduite à la maison rouge qui, dès ses débuts en 2004, aspire à se démarquer, à échapper aux modes et aux actualités. « Alors que les institutions ont des comptes à rendre aux contribuables, que des galeries sont souvent dépendantes du marché, la maison rouge doit seulement respecter la notion d’utilité publique que l’Etat lui a accordé » confiait récemment Antoine de Galbert au quotidien Les Echos (2).

L’ancien galeriste grenoblois prouve aujourd’hui, dix ans après l’ouverture de ce lieu atypique, que son pari est réussi : la maison rouge est un espace hors des sentiers battus dans le monde de l’art et qui, malgré sa singularité, parvient à toucher un large public.

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Nota Bene :

(1) Lucio Fontana, dont l’exposition « Retrospective » au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris a lieu jusqu’au 25 août 2014.

Sources

(2) « La maison rouge s’est imposée en dix ans dans le monde de l’art », Martine Robert, LesEchos.fr, 16/06

http://www.lamaisonrouge.org

Visuels :

Photo de Marc Domage, via www.lesechos.fr  / Le Mur,  © DR la maison rouge, 2014

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