La Biennale des Antiquaires rythme la scène parisienne

Les marchands avaient le sourire hier, dernier jour de la Biennale des Antiquaires 2014. De quoi laisser retomber la colère de certains face au retrait partiel d’éléments décoratifs du lieu pour des raisons techniques, avant la fin du salon (le défilé Chanel se produisait le lendemain sur le même lieu). Ce qui peut se comprendre au regard du tarif astronomique des stands (env. 1.500 € le mètre carré) qui en fait la foire la plus chère du monde. La scénographie d’exception, mise en place par Jacques Grange, a enthousiasmé les visiteurs : des allées inspirées de l’élégance à la française des jardins d’André Lenôtre introduites par une fontaine ; une perspective aérée associée à une circulation fluide en communion avec la fraîcheur des tonalités choisies par le célèbre décorateur. Coté programmation, les stands s’ouvraient d’avantage à l’art moderne (voir contemporain), la peinture ancienne se faisant d’autant plus rare cette année.

L’artiste Lucio Fontana (1899–1968), fondateur d’un mouvement spatialiste qui influença de nombreux artistes abstraits, était à l’honneur chez plusieurs exposants. La galerie Tornabuoni réalisa la totalité de son stand autour du visionnaire Italien ; quelques autres pièces se retrouvaient chez des confrères. Même le célèbre marchand De Jonckheere, spécialiste de la peinture hollandaise du XVIIème siècle, introduisait son stand avec trois pièces de L. Fontana dont une de grande qualité réalisée sur métal. La grande rétrospective qui vient de se terminer au Centre Pompidou sur cet artiste n’est probablement pas étrangère à ces choix de programmation…

Pour autant, les éternels grands noms du XVIIème et XVIIIème siècle répondaient toujours présents. Parmi eux, la très discrète et puissante galerie Kraemer offrait cette année une scénographie originale avec des pièces de mobilier présentées dans des containers blancs. Le décalage de la neutralité de l’objet de transport industriel, fonctionnait à ravir avec la richesse de l’ornementation du mobilier ancien. Toutes ces pièces avaient été sélectionnées selon un concept singulier : elles disposent d’un « jumeau » au sein d’un musée dans le monde. A relever en matière de mobilier ancien, le résultat de 2.55 M€ enregistré aux enchères à Zurich, pendant la Biennale, pour un célèbre bureau d’A.C. Boulle (réalisé vers 1720-1721) chez Koller le 18 septembre dernier.

La peinture impressionniste et moderne était toujours parfaitement représentée chez le confrère londonien, Richard Green, même si les prix semblaient astronomiques : 1.9 M€ pour son tableau de Helleu et 940 000 € pour une petite nature morte de Renoir représentant un charmant bouquet de roses dont les dimensions n’excédaient pas une vingtaine de centimètres …

Le stand de la galerie Bérès, quand à elle, décevait, au delà d’une sublime pièce de Hans Arp. En revanche, la galerie Applicat Prazan proposait, comme à son habitude, une sélection de grande qualité avec des pièces majeures de l’Ecole de Paris. Poliakoff, de Stael, Mathieu, Riopelle, Hartung, Soulages décoraient entre autre les cymaises de son stand. Les prix sont toujours élevés mais la qualité reste indéniable. La « table rose » réalisée en 1953 par Nicolas de Staël présentée cette année et sur laquelle le marchand avait notablement communiqué avant la foire, aurait été vendue dès le soir du dîner d’inauguration (le prix affiché aurait été de 1.5 M€, ce qui ne semblait pas ici déraisonnable).

De son côté, la galerie Le Minotaure proposait une superbe huile de Sonia Delaunay qui fera l’objet d’une rétrospective au Musée d’art moderne de Paris en octobre prochain. De grande dimension et d’une qualité sans équivoque, le prix affiché était tout aussi qualitatif pour atteindre 750 000 €. A noter également le stand très « looké » de la galerie Dominique Levy ayant récemment élu domicile à NYC : Magritte, Warhol et Miro côtoyaient de puissantes pièces de mobilier design avec des sculptures africaines.

Si l’ensemble des exposants semblent satisfait des ventes réalisées, le Paris artistique a fortement vibré ces dix derniers jours : il n’y a jamais eu autant d’expositions et de cocktails pendant la Biennale. C’est « l’effet Biennale », qui malgré s’être vidée de sa substance en matière d’art ancien, continue de rythmer la scène artistique parisienne.

L’équipe de Fin’Art Consulting.

copyright carascom.com

copyright carascom.com

copyright carascom.com

copyright carascom.com

copyright carascom.com

copyright carascom.com

copyright carascom.com

copyright carascom.com

copyright carascom.com

copyright carascom.com

Copyright Koller

Copyright Koller

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :